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Potiron le Bon - photo Annliz Bonin / anXiogene

Potiron le Bon - photo Annliz Bonin / anXiogene

Louise Labé ou L'amour fou - photo Caroline Charnoz
La Compagnie de l'Aube est créée en 2005 par la comédienne Eliane Davy à Caen. Sa particularité est de se faire rencontrer musiciens et comédiens dans le but de faire entendre et sentir un discours poétique, qu'il soit en vers ou en prose.
Satu Niiranen, musicienne finlandaise, accompagne la comédienne à l'accordéon. Notons que celui-ci est caractéristique des pays du Nord. Il déploie une richesse de timbres et une présence sonore plus importante que l'accordéon chromatique joué habituellement en France. Le jeu orchestral de Satu Niiranen gagne en amplitude et confère au spectacle une dimension épique qui rejoint tout à fait notre récit de "Moby Dick".
Durée : 1 heure.
Où le roi Potiron Le Bon devient philosophe, et Petit Pois champion de l'insoumission...
L'histoire commence le soir des noces du Roi Potiron Le Bon et de sa tendre Potimarone. La fête bat son plein. Pomodore et Artichaude jouent à la plus coquette devant le géant Amanite, lequel s'amuse à jongler avec des chênes vieux de 5 siècles, pendant que Petit Pois décoche ses graines entre les yeux de La Mauvais Herbe qui cherche à s'infiltrer sournoisement dans le jardin... Quant à Ravi Noir et Ravi Blanche, ils tournent sur eux-mêmes dans un ravissement érotique, faisant honneur à leur rang de premiers "radish-tourneurs" de la cour verdoyante de Potiron Le Bon. La lyre de Topinambouriste résonne, quand tout à coup...
Il était une fois... la merveilleuse aventure d'un jardin potager qui faillit disparaître...
Conte poétique écrit et interprété par Eliane Davy, inspiré par une séquence du spectacle Les Gûmes de la compagnie Le Phun.
Conte métaphorique qui interroge sur le pouvoir et ses abus.
Conte musical, où Yann Letort aux saxophones et clarinette basse, et Manu Piquery aux claviers et autres trouvailles tintinabulantes, créent des ambiances sonores qui renforcent la tonalité joyeuse ou parfois dramatique de l'histoire.
Louise Labé ou L'amour fou est un récital présentant l'oeuvre poétique de Louise Labé, la plus grande poètesse française de la Renaissance.
Se revendiquant femme-écrivain, parlant d'amour et du corps amoureux sans culpabilité aucune, elle ose une parole d'amante toute païenne, et donc subversive.
Eliane Davy nous fait entendre sa voix, qui se mêle à celle d'un saxophone (Yann Letort) et d'une contrebasse (Nicolas Talbot) jouant une partition qui vogue entre musique contemporaine, free jazz et musique improvisée. Les mots s'incarnent par le son et le souffle.
Dans l'espace même de l'improvisation, les musiciens créent des liens, des ruptures, des échos, des respirations, dans le seul but de souligner l'architecture du texte lyrique en même temps que la modernité de la pensée de Louise Labé.
Entre Amour et Folie, entre mesure et déraison, entre harmonie et chaos, Louise nous chante le vacillement du désir et le naufrage avéré de l'abandon.
Donc des humains sont les lassés de l'esprit
De doux repos et de sommeil épris
J'endure mal tant que le soleil luit
Et quand je suis quasi toute cassée
Et que je me suis mise en mon lit lassée
Crier me faut mon mal toute la nuit
La mise en scène est volontairement dépouillée, pour faire entendre au mieux le poème. C'est dans cet épurement que se créent les liens entre les 3 protagonistes et leurs instruments respectifs, saxophone, contrebasse, et corps-voix. Avec un appui dans le vide de l'espace scénique : un fauteuil, habité ou délaissé, tout à tour asile et exil pour le corps désirant... Métaphore aussi du corps de l'aimé.
Un hommage à la brûlante Louise Labé dont les sonnets et élégies formidablement scandés par Eliane Davy sont illuminés par le saxophone de Yann Letort et la contrebasse de Nicolas Talbot. Jazz Magazine