EL-HAKAWATI : Un mémoire pour l'oubli

Texte de Mahmoud Darwich mis en scène par Amer Khalil et François Abou-Salem

PROCHAINES DATES

28/29 MAI 2008 : La Comédie de Valence

Un mémoire pour l'oubli

De père palestinien et de mère française, auteur, metteur en scène, comédien, François Abou-Salem a été l'un des créateurs du Théâtre El-Hakawati, figure incontournable et presque solitaire du théâtre palestinien. Après une quinzaine d'années en France, il a fait le choix politique de retourner en Palestine travailler au plus près des gens, tentant d'offrir au moyen de son art de la parole et du lien.

Dans Un mémoire pour l'oubli, Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des chefs de file de la poésie arabe contemporaine, révèle un aspect moins connu de son oeuvre.

Août 1982, les troupes israeliennes envahissent le Liban et s'acharnent à prendre Beyrouth qu'elles assiègent. La résistance palestinienne a fait de la ville son quartier général et essaye de tenir bon. Dans cette ambiance de folie meutrière, et au-dessus d'un ciel saturé de missiles, un poète, exilé de la Palestine et habitant son huitième étage, écrit la chronique d'une ville livrée aux jeux de l'Amour et de la Mort.

À l'heure où s'ouvre un nouveau chapitre de l'histoire palestinienne, le texte prend une nouvelle et singulière résonance. Interprète et metteur en scène de ce spectacle créé en Avril 2007 à Ramallah dans les territoires occupés, François Abou-Salem porte en funambule un texte qui mêle les fils inextricables de l'individu, la lourdeur du quotidien et les douleurs d'une nation.

Un mémoire pour l'oubli

"Le poète est retranché, cloué entre deux murs, dans un bout de couloir sans issue. Quasiment enseveli dans les décombres de sa bibliothèque écroulée, il nage dans une mer de livres. Pour échapper à la panique ou àla folie, il rêve d'une trêve de 5 minutes, qui lui permettrait d'atteindre la cuisine pour se faire un café... arabe... long et ritualisé.
Il nous livre ses angoisses en même temps qu'il les dompte, les apprivoise, les apaise par sa méditation et l'éveil de ses sens par la perspective du café, qu'il accepte de ne faire que dans sa tête. Il scrute l'infiniment petit de la mtière, de l'eau, des flammes, de la poudre du café, prend du recul, beaucoup de recul, par le rire, la compassion, la sympathie qu'il porte aux autres, même à ses ennemis. Il reste néammoins lui-même, et seul, témoin calme et lucide de ce jour apocalyptique sans terre ni colombes à l'horizon, témoin de cette défaite dont il faut prendre acte." (François Abou-Salem)

Avec : François Abou-Salem.
Adaptation théâtrale : Amir Nizar Zuabi et François Abou-Salem.
Mise en scène : Amer Khalil et François Abou-Salem.
Scénographie : Amiz Nizar Zuabi.

Avec le soutien du Centre Culturel Français de Jérusalem et de la Fondation A.M Qattan (Ramallah).

CONDITIONS TECHNIQUES

Durée du spectacle : 1h.
Ouverture minimale : 7m
Profondeur minimale : 5m50
Hauteur minimale : 4m
Lumières : 10 PC de 1000 watts - 1 mini PC de 250-500 watts - 4 PAR 64 de 1KW faisceau étroit - 3 découpes de 1000 watts.
Son : 1 sono avec 2 lecteurs CD.
Temps de montage : la journée.

REVUE DE PRESSE

Ici, dans le corps, avec le corps, par amour, idolâtrie et adoration pour le corps, François Abou-Salem parvient aux sommets de la langue, parce qu'il permet à son corps de se démener sur scène et d'engager ses propres combats, avec l'audace et le talent des grands cavaliers. Le génie, l'excellence de François Abou-Salem tient en ce qu'il ne fait rien. Il prête simplement son corps au texte, et ce n'est pas peu. Il devient le texte. Il est la mémoire et l'oubli. Merci François, ta leçon est inoubliable. François Abou-Salem est un vrai homme de théâtre que le texte pénètre, texte qu'il fait se dissoudre, se fondre dans son parlé, son articulation, son bougé et son silence ; les livres l'enterrent, il en jaillit, les utilise comme un siège, comme lecture, comme tremplin au gré de ses états de souffrance, de consternation, de dégoût, au gré du texte qui est devenu son texte.
(Hassan Ben Othman, Al-Awan, Tunis, mai 2007).

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